La revue de presse
sur le site de la Compagnie "L'unijambiste"
France Inter / 20 mars 2010 / Alternatives
Laurence Pierre :
Sur l’intrusion du numérique dans les arts vivants, j’aimerais avoir votre sentiment là-dessus, parce que ça fait 14 ans que « Exit »
existe, et le numérique est partout de fait, ça a changé totalement l’appréhension de l’art, finalement.
Didier Fusillier :
Ce qui est magique au théâtre, c’est que les acteurs sont vivants devant vous, vous le voyez bien. Et puis ils sont accompagnés d’un clone, et qui
disparaît. Alors là, le choc est terrible.
On confond toujours vidéo et numérique, mais le numérique c’est vraiment une écriture dramaturgique, c’est-à-dire que ça apporte du sens. On n’est pas simplement devant un effet de lumière, on
est devant quelque chose qui raccroche encore plus à une pensée, à un éclaircissement.
Là, par exemple, on a montré à Maubeuge au dernier Festival VIA un jeune gars, il est dans le coin de Limoges, il a monté un Richard III, il s’appelle
David Gauchard, là, croyez-moi, on est ailleurs, on est terrifiés, parce qu’on a affaire à des assassins et c’est très fort parce que c’est vraiment encore du théâtre, mais bourré de
numérique.
Laurence Pierre :
Et vous l’avez trouvé où, celui-là ?
Didier Fusillier :
On nous a dit « il faut le voir », on l’a trouvé.
Son acteur qui joue Richard III est comme Dewaere, Patrick Dewaere, c’est-à-dire quelqu’un … on sent quelqu’un qui est incontrôlable. Et ça, je crois que c’est propre au
théâtre.
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Richard III, captivant feuilleton high-tech, sa noirceur, son rap et sa
guitare.
Benoit Le Breton / Ouest France
Il fallait oser.(...) Le Richard III de David Gauchard, (...) est ultra-moderne. Branché ? Peut-être, mais sur la même longueur d’ondes
que Shakespeare, dont l’oeuvre, loin d’être desservie, est mise en valeur par la technologie. La vidéo donne du relief à l’implacable accession au pouvoir du monstrueux Richard. La pièce
devient un captivant feuilleton que l’on suit sans s’attarder sur les effets spéciaux, qui n’écrasent jamais le texte. La puissance du verbe de Shakespeare est intacte et magnifiquement servie
par un Vincent Mourlon, campant un élégant Richard, à l’assurance glaçante.
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Terriblement efficace
Jacques Morlaud / L’Echo de la Haute-Vienne
David Gauchard nous offre une oeuvre adaptée à notre temps, qui suggère plus qu’elle ne montre, qui conduit à une réflexion sur un thème immortel, le pouvoir.
(...) Il présente un spectacle passionnant , signant une mise en scène intelligente, soigneusement travaillée et usant de détails à bon escient. Sur fond de guitare (Olivier Mellano), les
personnages évoluent avec aisance et élégance, à commencer par Richard III incarné excellemment par Vincent Mourlon.
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Shakespeare et riffs éclectiques
Gaël Herbert / Le Dauphiné Libéré
C’est à une performance technique esthétique qu’ont assisté les spectateurs du Train Théâtre ce mardi soir. (...) Une performance d’acteurs également, deux heures
d’un texte difficile durant lesquelles les caractères se dévoilent. Pour Gloucester, ils passent graduellement d’une obséquiosité fielleuse et retord à un délire paranoïaque, de la flagornerie
la plus vil à la lâcheté la plus pitoyable pour les courtisans.
Performance technique encore, du guitariste qui scande en rythmes oppressants l’horreur fratricide. Performance du traitement de l’image vidéo, enfin, épurée,
jusqu’à ne transcrire que l’émotion, l’arrogance, la peur qui anime le personnage.
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Richard III outrenoir
Aurélien Martinez / Le Petit Bulletin (Lyon et Grenoble)
Au milieu des 207 mises en scène d’un texte de Shakespeare visibles chaque année, celle de David Gauchard détonne littéralement, avec son Richard
III urbain, musical et hypotonique.
Après la claque Hamlet / thème & variations, on attendait non sans impatience la relecture par la cie L’unijambiste d’un autre monument
shakespearien qu’est Richard III. Quelle ne fut pas notre surprise : alors qu’on subodorait logiquement que David Gauchard allait réutiliser les recettes qui lui
avaient si bien réussi la fois précédente (à savoir mixer habilement la verve et la narration shakespeariennes aux sons très contemporains de l’électro et du hip hop), on se retrouve face à une
version on ne peut plus fidèle à l’oeuvre originelle, là où dans Hamlet il se permettait de tout passer au shaker.
Bien sûr, le metteur en scène conserve son univers artistique, mais il le met pleinement au service du texte retravaillé pour le plateau par le traducteur André
Markowicz. Son Richard III devient alors un spectacle froid et tendu, qui hypnotise ceux qui acceptent de se laisser guider dans ce monde de folie.
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Une adaptation de Richard III dérangeante, magnifique.
Robert Guinot / La Montagne
Gauchard a traduit le chef d’oeuvre de Shakespeare en utilisant les moyens techniques d’aujourd’hui. Il s’est montré imaginatif, audacieux et totalement
convaincant. Le texte est là, dans toute sa pureté et sa clarté. Chaque discipline est maîtrisée à la perfection. L’utilisation de la vidéo tient de la prouesse. Elle éclaire la pièce par ses
phrases, par les silhouettes de comédiens qui s’animent sur l’écran et qui s’intègrent totalement au propos. La mise en scène est intense, elle ne laisse pas une seconde de répit. Elle valorise
les comédiens dont le jeu s’avère subtil et vivant.
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Richard III, rock, rap et charismatique
Muriel Mingau / Le Populaire du Centre
Le metteur en scène David Gauchard, et sa troupe, remarquable, ont proposé une vision magnifique et renouvelée d’une grande pièce du répertoire. (...)
Vidéo, rock et rap sur scène, (...) ce metteur en scène manie ces puissants éléments de modernité avec beaucoup de subtilité. Il les met ainsi au service d’un
texte, toujours sublime dans la nouvelle traduction d’André Markowicz, reçu ici dans toute la force de sa justesse intemporelle. (...)
Le spectateur est-il au concert, devant un film ou au théâtre ? Par moments, il ne saurait le dire. (...) Au-delà de l’esthétique actuelle et élégante, la
mise en scène se met vraiment au service de la beauté et du sens d’un texte porté par l’interprétation très ressentie des acteurs. Mêlant ainsi inventivité et fondamentaux du théâtre, la pièce
enchante le spectateur, le fait accéder au caractère intemporel et à la grandeur de Richard III.
Sur scène ou à l’écran tous les comédiens rendent la force émouvante ou troublante de leur partition. Ce sont Guillaume Cantillon ( Clarence), Emmanuelle Hiron
(Elisabeth), Philippe Labonne (Edouard IV), Nicolas Petisoff (Richemond), Mélissa Rayé (Lady Anne) et Anne Buffet (La Duchesse), entre autres.
Tous les artistes dont s’est entouré David Gauchard sont excellents, à commencer par Vincent Mourlon qui joue le si complexe et passionnant rôle-titre.
Mais on a envie de citer tous les interprètes et créateurs associés sur ce spectacle. Le rappeur Arm est animé d’une grâce magnifique. La composition musicale
d’Olivier Mellano est franchement talentueuse. (...)
Cette troupe composée de jeunes gens redonne une vibrante jeunesse à Shakespeare. Elle se développe au fil d’une très belle écriture scénique, particulièrement
inventive dans son élégance. Celle-ci construit une forte tension dramatique qui, au-delà de la modernité, sait rendre l’archaïque portée sacrale du théâtre.
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Richard III, un spectacle qui « despote »
André Clavé / L’Echo du Centre
L’adaptation de David Gauchard a du mordant, à l’image du chien de leur affiche, aussi puissant que beau, qui fuit une ville en flammes.
Que ce soit Vincent Mourlon, impressionnant de justesse, Arm à la voix du diable ou Olivier Mellano à la guitare « rumeurs » tout avançait implacablement
autour des mots de Shakespeare, forts, jamais datés, toujours aussi prégnants et obsédants. (...)
David Gauchard et ses « Unijambistes » ont créé ce que l’on se doit d’appeler un chef d’oeuvre.
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Richard III prouesse de L’unijambiste
Hélène Bessuges / La Montagne
Vincent Mourlon, comédien, fait vivre ce personnage principal devant un public qu’il rend complice tandis qu’il flatte sans vergogne ceux qu’il va détruire autour
de lui. Ce double langage est appris, intériorisé, mâché, servi par une diction parfaite et un jeu de scène tellement maîtrisé qu’il en devient sincère. Il a une telle puissance de feu qu’il
finit par ressembler au monstre que Shakespeare veut bien nous montrer.
Le comédien est pluriel, il a son alter ego, qui pourrait être « alter écho », Arm, le rappeur, à la fois mime et répétiteur, développant ses monologues
sur une battue régulière comme le rythme du coeur. Autre alter ego, Olivier Mellano, musicien et compositeur dont le discours mélodieux ou passionné donne un pathos étrange à l’expression
orale. Ces 3 personnages pour 1 seul font entrer Shakespeare dans une XXIème siècle tonitruant.
Mais David Gauchard ne s’arrête pas là : Richard III sort du tableau, il est complètement isolé du reste des personnages de la pièce par une habile
utilisation de la technique audiovisuelle. (...) En effet, les autres acteurs ont joué leur rôle devant une caméra (visuel retravaillé par David Moreau, graphiste et vidéaste). (...)
Le comédien réalise là une autre prouesse : dire son texte en synchronisation avec les projections d’images, avec les mimiques des personnages, dire juste au
bon moment. Le résultat est vertigineux, surprenant.
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Une création multicomposite et décoiffante. Bravo ! Maryline
Rogerie / Le Populaire du Centre
2 heures qui passent à vitesse grand V. portées par la guitare électrique d’Olivier Mellano, le phrasé du rappeur Arm et le charisme de Vincent Mourlon. 3 hommes
pour 1 seul et 2 heures pour raconter le règne sanguinaire de Richard III. 2 heures aussi pour se dire que le texte de Shakespeare, revu et corrigé par le traducteur André Markowicz et le jeune
metteur en scène David Gauchard, est d’une incroyable modernité. 2 heures plus tard, donc, la salle du centre dramatique national applaudit à tout rompre. (...)
Sur scène, un écran est installé entre les 2 estrades des musiciens chanteurs, comme pour un concert. Les meutres violents du roi s’effectuent à l’aide des manettes
de la console de jeux Wii ! Cela fait froid dans le dos quand on y pense..
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